Maté & Macramé

8 choses qui font de la capitale du Nunavut une ville unique

Déguster de la peau de baleine, recevoir des alertes d’ours polaire, traverser un dépotoir pour aller pêcher, sortir du bar à 2h du matin sous le soleil de minuit, déambuler entre des édifices en forme de glacières géantes, écouter des meutes de chiens hurler à la lune… Iqaluit est une ville insolite et unique en son genre, qui mérite une visite ou un séjour prolongé. Dépaysement garanti! 

1. Une architecture insolite

L’aéroport ressemble au yellow submarine de la chanson des Beatles. L’église anglicane a la forme d’un igloo géant. Les écoles primaires et secondaires s’apparentent à des glacières géantes bleues performées de minuscules hublots. L’édifice de l’assemblée législative s’apparente plutôt au qamutiq, le traîneau traditionnel inuit. Les édifices font compétition dans un concours surnaturel de l’insolite et de l’étrange. Au-dessus du terrain rocailleux de la toundra, les maisons se tiennent en équilibre sur leurs échasses. La tuyauterie chevauche le système routier, question d’éviter les contractions internes du pergélisol lors du gel et du dégel. Des sculptures et des murales adoucissent tout de même le paysage urbain. Quoi qu’il en soit, l’architecture de la ville a de quoi surprendre.

DSC00536

2. Une petite ville où il fait bon vivre

La capitale, ville la plus peuplée du Nunavut, brille tout de même par sa maigreur démographique. Il y a moins de 7000 habitants dans la capitale, ce qui correspond à la population approximative de Chibougamau (mais la ville est féconde, et la population grandissante est prise avec de graves pénuries de logements).

Être petit, cela évite le trafic routier. Bien que les 4 x 4 abondent sur le 2 km2 de pistes généralement non asphaltée de la ville, le seul ralentissement en ville peut être observé aux « 4 coins », c’est-à-dire le point 0 de la ville; la seule intersection avec 4 panneaux stop, où l’on peut observer un certain ralentissement automobile.

Un village, donc, où tout le monde se connait. Fini l’anonymat des métropoles; ici tu recroises la même personne 2, 3 ou 4 fois par semaine. Avec le sourire. Le monde est petit, et les nouvelles – d’intérêt public ou personnel-  filent à la vitesse de la lumière.

DSC00076

 

3. Une vie culturelle stimulante

Iqaluit est un hybride unique embrassant à la fois des caractéristiques villageoises et urbaines. Iqaluit est la capitale du territoire neuf du Nunavut et un pôle culturel et économique dans cette région arctique. Les évènements se chevauchent; on trouve des festivals, des soupers-échanges, une soupe populaire, une serre communautaire, des ateliers de zumba ou d’activités traditionnelles, et j’en passe. En été, il ne faut pas manquer le festival de musique internationale et circumpolaire Alianait! Comme la ville est constituée d’un tas de déracinés, le réseau social se tisse rapidement autour des nouveaux arrivants, qui courent tantôt pour partager un repas, faire un feu ou aller pêcher. Difficile de s’ennuyer dans cette région éloignée!

DSC08820

 

4. Des gens de partout, partout

Comme toute métropole qui se respecte, Iqaluit est cosmopolite. À un stade avancé. La moitié de la population est inuite. L’autre moitié comporte sa part de blancheur, anglophone et francophone, mais compte aussi des gens de partout sur la planète. Arriver devant la caissière d’origine africaine enroulée dans son boubou au North Mart (équivalent nordique du Wal-mart); embarquer dans un taxi avec un chauffeur d’origine iranienne ou éthiopienne; se faire donner une raid de voiture par quelqu’un des philippines… Normal. Les africains, latinoaméricains, indiens et arabes sont nombreux dans la ville.  Mon voisin de quartier s’étonnait de la richesse des échanges créés par cette diversité culturelle : «La semaine dernière, à l’Église, tous les membres ont apporté une bible traduite dans la langue de son pays d’origine. Il y avait là près de 25 traductions de la Bible! »

 

5. Une belle économie

Iqaluit est un eldorado moderne pour la population blanche, éduquée, et bilingue. Les conditions salariales sont alléchantes pour les postes au gouvernement et ailleurs, le salaire minimum débutant à plus de 20$ l’heure, avec la prime du Nord. Les avions atterrissent et décollent plusieurs fois par jour, reliant des villes comme Ottawa et Montréal, mais aussi d’autres communautés arctiques. Bémol : L’écart entre les riches et les pauvres de la ville est abyssal.

DSC00554

6. Un fort bastion francophone

Une belle petite communauté francophone minoritaire défend farouchement sa culture et sa langue à Iqaluit. Le français arrive bon 3e dans les langues parlées, après l’anglais et l’inuktituk. Carrefour Nunavut aide aux francophones à trouver de l’emploi. Le Franco-Centre propose une gamme d’activités en français, en allant de la Saint-Jean-Baptiste – fête largement ignorée par le reste de la ville – aux spectacles et pièces de théâtre. Des camps de jour en français sont disponibles pour les enfants pendant l’été, et l’école primaire francophone a la réputation de fournir le meilleur enseignement en ville. La ville propose même un poste de radio en français, ainsi qu’un journal bimensuel. Bref, il est possible de s’immerger en Arctique sans en perdre son latin!

Ici quelques témoignages d’enfants d’Iqaluit, sur leurs activités préférées dans la ville 🙂

 

7. Une fenêtre sur la culture inuite

Il serait faux d’affirmer qu’une visite à Iqaluit constitue une immersion authentique dans la culture inuite. Disons plutôt qu’on y trempe le gros orteil. Avec la moitié de la population autochtone, il est possible de discuter, d’apprendre et d’être surpris par la beauté de cette culture absente du regard médiatique canadien. L’art inuit est riche et disponible partout en magasin et au musée Nunatta. Pendant les évènements, les activités traditionnelles inuites sont souvent mises à l’honneur. Iqaluit, c’est une petite fenêtre ouvrant sur une culture qui n’en finira pas de vous étonner!

DSC08247

DSC09942

 

8. Le paradis des amoureux de plein air

Située sur la rive de la baie de Frobisher, entourée de collines et de toundra où s’écoulent lacs et rivières, Iqaluit est le paradis des amoureux de plein air. À quelques minutes à pied ou en voiture, on peut faire de la randonnée pédestre, du kayak, du bateau à moteur, aller pêcher, chasser, etc. L’hiver, on fait du traîneau à chiens, de la motoneige, du ski, et on observe les aurores boréales qui dansent dans le ciel.

DSC00085

DSC09982

Iqaluit est une ville insolite, magique, extraordinaire. Elle n’est pas représentative du Nord – loin de là – mais offre un bon package deal de confort, nature, culture et vie sociale pour mériter le détour. Qui sait? Peut-être ferez-vous comme bon nombre de visiteurs… qui n’en sont jamais repartis!

DSC00096

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *